Cinquante ans après la loi Veil, les modalités de recours à l’IVG ont changé : la méthode médicamenteuse est devenue largement majoritaire ainsi que la prise en charge des IVG hors établissement de santé, qui a particulièrement crû depuis la crise sanitaire. Le cadre légal français de l’avortement permet une pluralité de lieux, de professionnel·les et de méthodes selon le motif (médical ou non) et la durée de grossesse. Cette pluralité de l’offre est toutefois hétérogène sur le territoire, contraignant les modalités, les conditions et, par extension, la possibilité de choisir la manière d’interrompre une grossesse. Dans un contexte où le droit et l’accès à l’avortement reculent dans de nombreux pays, l’inscription de la « liberté garantie à la femme » de recourir à l’IVG dans la Constitution en 2024 revêt assurément une forte portée symbolique. Cependant, le flou de la notion de « liberté garantie » et la responsabilité laissée au législateur d’en établir les conditions ne permettent de garantir ni le contenu de la loi et ni son effectivité sur le terrain. Au-delà du cadre légal, les modalités d’accès peuvent être contraintes par d’autres facteurs comme les difficultés d’approvisionnement en comprimés abortifs, la clause de conscience des praticien·nes, etc.
Sur le Web Ined, Population et sociétés, n° 627, novembre 2024 – www.ined.fr


