Un rapport remis au ministre de l’Action et des Comptes publics chiffre à 35 milliards d’euros en dix ans le gain potentiel à tirer de l’externalisation des services publics, hors « cœur de mission », à savoir la plupart des fonctions supports. Le constat de départ est clair : les services publics « connaissent une crise de performance se traduisant par un rapport efficacité/coût faible comparé aux autres économies développées ». Coûts élevés (dépenses de fonctionnement) – près de 400 milliards d’euros, soit 18 % du PIB environ, des résultats « insuffisants », dégradation des services perçue par les usagers (66 %) et les agents (60 %) – selon l’édition 2018 du baromètre de l’institut Paul Delouvrier et le Forum de l’action publique, addiction à la dépense publique non « soutenable » et consentement à l’impôt s’érodant de plus en plus…, la réforme des services publics est devenue « une nécessité impérieuse », souligne le rapport, qui fait donc de l’externalisation et du recours au secteur privé l’arme imparable pour la « chasse aux inefficiences ». Une démarche disruptive à laquelle la France « apparaît aujourd’hui encore assez réfractaire » en comparaison des autres pays. Les consommations dites « intermédiaires » représentent en effet « seulement » 28 % des dépenses de fonctionnement de la France en 2015 (vs plus de 48 % au Royaume-Uni, 44 % en Finlande et près de 40 % aux Pays-Bas, en Suède ou aux États-Unis).
L’externalisation est encore trop souvent vue comme un abandon du service public, d’où les réticences des syndicats de fonctionnaires et de certains usagers. Elle doit au contraire être vue comme « une opportunité pour les services publics de se repositionner sur le cÅ“ur de leur mission, en gagnant en efficacité sur les autres fonctions pour libérer des marges de manÅ“uvre, en s’appuyant sur le secteur privé là où ce dernier est plus efficace ».Â
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