L’appel à projets « Recherche hospitalo-universitaire (RHU) en santé » du programme d’investissement d’avenir, dont l’opérateur est l’Agence nationale de la recherche, vise à soutenir des projets de recherche innovants et de grande ampleur dans le domaine de la santé. S’appuyant sur le réseau structuré des départements hospitalo-universitaires et des fédérations hospitalo-universitaires, le programme RHU soutient des projets de recherche translationnelle associant secteurs académique, hospitalier, et entreprises. Un premier appel à projets avait permis de soutenir quatre projets en 2015 pour 32,5 M€.
Pour cette deuxième vague, le jury international a examiné 51 dossiers sur des critères de qualité scientifique, d’innovation mais aussi sur leur potentiel en matière de retombées médicales et socio-économiques. Il a proposé dix projets qui se distinguent par leur caractère exceptionnel et leur diversité. Couvrant des aires thérapeutiques et des besoins différents, ils présentent aussi des approches variées. Les dix projets financés vont permettre de renforcer les liens entre la recherche fondamentale et ses applications cliniques mais également industrielles, et s’inscrivent dans la stratégie nationale de recherche comme dans la stratégie nationale de santé voulues par le gouvernement.
Cette seconde vague a confirmé la forte dynamique de la recherche hospitalo-universitaire française. Cela s’est traduit par une augmentation significative du nombre de dossier déposés mais aussi de la qualité des dossiers. Un troisième appel à projets « RHU en santé » sera lancé avant l’automne.
Liste des projets financés
- Chopin (8,3 M€) vise à améliorer la prise en charge de l’hypercholestérolémie en identifiant de nouveaux marqueurs du risque cardio-vasculaire et de nouvelles cibles du métabolisme du LDL cholestérol qui joue un rôle central dans le développement et la progression des maladies cardio-vasculaires. Projet porté par le DHU 2020 nantais.
- iLite (8,5 M€) poursuit un objectif ambitieux de production d’organoïdes hépatiques (foie bioartificiel, foie sur puce, foie transplantable). Le consortium, piloté par le DHU HepatInnov, fédère des équipes de l’hôpital Saint-Louis (AP-HP), l’université de Paris-Saclay, CEA, l’Inserm, l’Inria, ainsi que quatre entreprises, au sein d’un consortium multidisciplinaire.
- iMAp (9 M€) propose le développement d’une nouvelle approche thérapeutique pour les maladies auto-immunes. Projet porté par le DHU i2B à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière et soutenu par l’AP-HP, l’Inserm, ainsi que par l’université Pierre-et-Marie-Curie.
- iVasc (8,5 M€) vise à modifier la prise en charge de l’athérothrombose en mettant en place des outils de suivi des accidents vasculaires, en améliorant la sélection des patients pour les traitements (notamment antithrombotiques), et en développant de nouvelles méthodes d’imagerie. Projet porté par le DHU Fire, le GHU Paris Nord-Val-de-Seine (AP-HP), l’université Paris-VII et l’Inserm.
- Lumiere (9 M€) vise à développer de nouveaux outils prédictifs de la réponse à certains traitements anticancéreux (immunomodulation) selon le profil de la flore intestinale des patients. En parallèle, il s’agira de développer de nouvelles solutions thérapeutiques et des « bioactifs » afin de surmonter les résistances primaires aux traitements immunomodulateurs. Projet porté par le DHU Torino (Gustave-Roussy, AP-HP, université Paris-Saclay, Inserm).
- Marvelous (5,5M €) vise à repenser la prose en charge de l’accident vasculaire cérébral ischémique et de l’infarctus du myocarde. En développant entre autres une nouvelle imagerie, Marvelous pourrait permettre un diagnostic précis et une quantification des marqueurs pronostiques, indispensables à la sélection des patients susceptibles de bénéficier de thérapies protectrices ciblées. Projet porté par la FHU lyonnaise Iris.
- Precinash (6 M€) propose une approche innovante et intégrée de la prise en charge de la stéatohépatite non alcoolique ou Nash (la plus fréquente des maladies chroniques du foie). Il est porté par la FHU lilloise Integra et rassemble équipes cliniques et industriels dont l’expertise devrait permettre d’identifier de nouvelles cibles thérapeutiques.
- Stop-AS (6,6 M€) vise à améliorer les connaissances sur le rétrécissement aortique (20 % de survie à deux ans en l’absence d’intervention) et à proposer des approches innovantes combinant à la fois l’imagerie, les biomarqueurs et les traitements non invasifs. Projet porté par la FHU Remod situé au CHU de Rouen.
- Troy (9 M€) vise à mieux connaître le rôle de certains récepteurs et à développer contre ces derniers une nouvelle famille de médicaments anticancéreux à dépendance susceptibles de réduire la progression tumorale. Le projet est porté par la FHU lyonnaise Diphol.
- TRT_cSVD (8 M€), porté par le DHU parisien NeuroVasc, s’intéresse aux maladies des petits vaisseaux du cerveau. Ces pathologies vasculaires sont responsables de 30 % des AVC mais contribuent bien plus largement encore au déclin cognitif et au handicap liés au vieillissement.

