Frédéric Spinhirny
Nous avons beau nous dire que la beauté serait affaire de goût, subjective, qu’il ne faut pas y attacher autant d’importance, que chacun reçoit une apparence à la naissance, que chacun est digne d’être aimé et de vivre quelle que soit son physique, toute société a ses critères de beauté, et nous laissons prospérer un véritable « privilège de la beauté » : des publicités aux affiches politiques, nos rues comme nos écrans présentent surtout des silhouettes jugées séduisantes, avec des critères de minceur et de jeunesse. Que révèle cette présence constante des « beaux », et que dit, en creux, l’effacement de celles et ceux dont l’apparence s’écarte des canons dominants ?
Les normes esthétiques qui nous sont imposées, et auxquelles on croit échapper, influencent nos corps, minent notre estime personnelle et façonnent notre imaginaire collectif. Frédéric Spinhirny revisite ici les préjugés historiques attachés au corps, analyse la relégation sociale et les discriminations fondées sur l’apparence, et propose des pistes concrètes pour élargir notre regard et combattre une injustice si banale qu’elle en devient presque invisible.

Infos PUF, septembre 2025, 230 pages, 16,90 €

