En 1847, à la maternité de l’hôpital général de Vienne, le jeune médecin hongrois Ignace Philippe Semmelweis fait face à un phénomène déroutant : dans l’une des deux cliniques d’accouchement, la fièvre puerpérale tue davantage de femmes que dans l’autre. Il cherche à comprendre cet écart, questionne les explications admises, confronte les hypothèses, cherche de nouvelles causes, jusqu’à soupçonner les mains des praticiens qui passent directement de la salle d’autopsie aux salles d’accouchement. Il leur impose alors un lavage au chlorure de chaux et, en quelques semaines, la mortalité chute drastiquement. Son hypothèse peine pourtant à s’imposer, ses pairs la contestant et lui préférant des explications déjà admises, comme la dyscrasie, qui attribue la maladie à un « déséquilibre des quatre humeurs ». Semmelweis mourra interné en 1865, bien avant d’être reconnu comme l’un des pionniers de l’asepsie. Son nom désigne aujourd’hui l’« effet Semmelweis » ou, plus simplement, la tendance à écarter une preuve nouvelle lorsqu’elle heurte les normes et les croyances établies. Une anecdote qui rappelle combien ...
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