Numéro 538 - septembre 2014dossier

Gestion des risques

Prévention des blessures par objets tranchants

La directive européenne, un an après…

Le nombre de blessures par piqûre d’aiguille touchant chaque année les professionnels de santé européens est estimé à un million. C’est pour lutter contre cette menace qu’a été émise la directive 2010/31/EU relative à la prévention des blessures par objets tranchants ou piquants dans les secteurs hospitaliers et de la santé. La Fédération européenne des associations infirmières (EFN) a déterminé son degré d’application dans la pratique quotidienne de près de 7 000 professionnels de santé européens. Si une grande partie de ces professionnels reconnaît que les pratiques se sont améliorées, l’EFN a identifié certains aspects importants peu traités, voire ignorés, sur lesquels il est nécessaire de se pencher.

On estime à 21 millions le nombre de travailleurs actifs opérant dans le secteur des soins de santé européen et à 1 million le nombre de blessures par piqûre d’aiguille se produisant chaque année au sein de l’Union européenne (1). En France, les derniers résultats du réseau AES-Raisin font état de 17 039 accidents d’exposition au sang (AES), dont 80 % percutanés, pour la plupart par piqûre ou coupure (2). Au vu de ces chiffres, il n’est guère surprenant qu’en 2010 le Parlement européen ait défini « les blessures et les infections par objets tranchants ou piquants, telles que les piqûres accidentelles, comme l’une des menaces les plus graves pour la santé et la sécurité des travailleurs de santé européens (3) ». Au-delà du coût financier important que ces blessures représentent (4), les professionnels de santé touchés sont susceptibles de contracter une infection causée par 30 agents pathogènes hématogènes, dont l’hépatite B, l’hépatite C et le VIH (5). Les conséquences psychologiques d’une blessure par objet tranchant sont elles aussi loin d’être négligeables. Le désarroi ressenti à l’idée ...

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