Numéro 594 - mars 2020dossier

Réflexion

Philosophie de l’enfantement et médecine périnatale

Que peut apporter une philosophie de l’enfantement à la médecine périnatale ainsi qu’aux techniques et pratiques qui lui sont liées ? Dans le contexte du développement de la technique médicale, la philosophie prête attention à la dimension subjective de l’enfantement, c’est-à-dire à la question du sens de l’enfantement tel que les femmes le vivent aujourd’hui. La philosophie fait apparaître les dimensions charnelles et relationnelles de l’enfantement qui sont à l’œuvre dans la relation maternelle, dès le ventre de la mère. Elle peut ainsi aider à une meilleure connaissance du sens de l’enfantement du point de vue des femmes et, plus largement, à une meilleure compréhension de nous-mêmes et du sens que nous donnons au fait de naître.

Pour Julia Kristeva, « à braquer tous les projecteurs sur la biologie et le social, mais aussi sur la liberté sexuelle et la parité, nous sommes la première civilisation qui manque d’un discours sur la complexité de la vocation maternelle. Je rêve que l’on puisse contribuer à remédier à ce manque pour stimuler les mères et tous ceux qui les accompagnent (gynécologues, obstétriciens, sages-femmes, psychologues, analystes) et affiner notre reconnaissance de cette passion grosse de folie et de sublimité. Ce discours manque, pour être mère aujourd’hui(1) ». Cependant, manquons-nous réellement d’un discours sur la complexité de la vocation maternelle ? Et si oui, quelle peut être la contribution de la philosophie ? Que peut apporter une philosophie de l’enfantement à la médecine périnatale ainsi qu’aux techniques et pratiques qui lui sont liées ? Sa tâche est de contribuer à acquérir une compréhension philosophique de l’enfantement et une critique relativement à nos modes de penser-être contemporains, autrement dit à nos manières de penser et de vivre l’enfantement aujourd’hui. Plus spécialement, dans le contexte du ...

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