Numéro 556 - mai 2016dossier

Expérience

Partenariat médecins/directeurs dans un CHU

Utopie, compromission ou coconstruction ?

« Médecins et directeurs seuls, l’eau et le feu se combattent.  Ensemble, ils font la qualité de l’acier. (1) »

Dans les suites du suicide d’un médecin survenu au CHU de Montpellier en 2010, un groupe de praticiens (le groupe BEAT) se préoccupant du bien-être au travail chez les médecins s’est mis en place en 2012. Son objectif principal consiste à attirer l’attention des médecins eux-mêmes et des décideurs hospitalo-universitaires sur l’importance de ce sujet sur la santé des médecins, la qualité du service rendu et le bon fonctionnement du système de soins.Le sentiment de non-reconnaissance, au cœur notamment des relations médecins/administratifs, est apparu le facteur le plus pesant à vivre pour les praticiens en exercice. Ce résultat a mis en avant la question du partenariat médecins/directeurs qui tente d’être approfondie à travers plusieurs actions. Une communication ouverte sur les difficultés et un recul des préjugés réciproques caractérisent la poursuite des travaux de ce groupe qui devrait s’enrichir de la mise en commun d’expériences voisines sur le territoire national.

Le partenariat obligatoire sur le terrain entre des professionnels que presque tout sépare (formation, pratique quotidienne, objectifs…) mais qui sont attelés à un même but exprimé sous des vocables différents (« produire du soin de qualité » pour les uns, « soigner son patient avec efficacité » pour les autres) est un défi au quotidien. Ce défi est lié, entre autres, au choc entre les implications de la révolution managériale des dernières décennies et le poids de l’histoire de la vie hospitalière. Depuis 2012, plusieurs praticiens et directeurs du CHU de Montpellier, en focalisant leur intérêt sur le bien-être au travail chez les médecins, tentent de faire évoluer les représentations (le vécu) du partenariat entre les médecins et les administratifs à travers plusieurs actions et l’organisation annuelle de journées d’études. Un partenariat efficace à coconstruire en permanence (2) repose sur trois composantes interdépendantes : un objectif partagé : tenir ensemble les deux termes d’un paradoxe : la vie humaine n’a pas de prix, la santé a un coût ; un accord sur les tâches et les décisions pour ...

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