Numéro 617 - juin 2022dossier

Bioéthique

Le principe de garantie humaine de l’IA en santé

Le 5 avril dernier s’est tenue à PariSanté Campus, autour d’Ethik-IA, une journée dédiée avec l’ensemble des acteurs de l’écosystème de la santé numérique pour se préparer à la nouvelle conformité en garantie humaine de l’intelligence artificielle. L’intégration d’Ethik-IA vise à faire de PariSanté Campus le premier hub international pour se préparer à cette nouvelle compliance issue de la loi de bioéthique française, du futur règlement européen sur l’IA et par ailleurs reconnue par l’OMS. David Gruson fait le point sur les fondements de ce principe, le processus de reconnaissance qui l’a consacré, et présente les méthodologies collégiales de compliance qui permettront de s’y préparer.

Le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) est source d’améliorations potentielles littéralement extraordinaires pour notre santé. Ce saut qualitatif possible pour notre système de soins s’accompagne d’un effet de levier potentiel majeur pour la croissance de la France. Il induit également des transformations possiblement radicales des métiers du champ sanitaire et médico-social. Dans La Machine, le Médecin et Moi(1), je montrais à quel point notre système de santé était en train de connaître une transformation profonde sous l’effet de l’émergence progressive d’un véritable data management en santé. L’avis 129 du Comité consultatif national d’éthique (CCNE)(2), émis dans le cadre de la préparation de la révision bioéthique, a identifié ces risques éthiques, notamment ceux d’une délégation pratique de la décision du médecin et du consentement du patient à l’IA. Le principal danger est donc celui de la perte d’un recul critique des soignants et des soignés avec, en arrière-plan, une mécanique algorithmique fondée sur la loi du plus grand nombre, cette dernière pouvant aller à l’encontre d’intérêts ...

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