Numéro 587 - juillet 2019[dossier]

Patients et territoires

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Les principales questions qui mobilisent aujourd’hui les auteurs qui contribuent Ă  Gestions hospitaliĂšres portent sur les patients et les territoires. Leur montĂ©e en puissance qu’avait dĂ©jĂ  illustrĂ©e, en l’intĂ©grant jusque dans son intitulĂ©, la loi n° 2009-879 du 21 juillet 2009 portant rĂ©forme de l’hĂŽpital et relative aux patients, Ă  la santĂ© et aux territoires, est confortĂ©e par la volontĂ© affichĂ©e d’associer les patients, l’apport des technologies numĂ©riques, la revendication accrue de reconnaissance des territoires. Objectifs de qualitĂ©, d’équitĂ© dans l’accessibilitĂ© et de coordination des professionnels de santĂ© doivent rĂ©pondre Ă  ces attentes fortes Ă  un moment oĂč l’accĂšs Ă  un mĂ©decin traitant n’est plus totalement garanti, oĂč les services d’urgence des hĂŽpitaux sont saturĂ©s et Ă©puisĂ©s, oĂč les professionnels sont confrontĂ©s Ă  une remise en cause des pratiques et des mĂ©tiers
 

Dans les territoires, aprĂšs la mise en place des 135 groupements hospitaliers publics (GHT), voici qu’apparaissent les communautĂ©s professionnelles territoriales de santĂ© (CPTS), Ă©galement issues de la loi n° 2016-41 du 26  janvier 2016, dite « de modernisation de notre systĂšme de santé », fruit de l’initiative de professionnels de santĂ©, organisĂ©es en Ă©quipes de soins primaires. Leur objectif est de concourir Ă  l’amĂ©lioration de la prise en charge des patients dans un souci de continuitĂ©, de cohĂ©rence, de qualitĂ© et de sĂ©curitĂ© des services de santĂ©, par une meilleure coordination des acteurs qui la composent. Le dĂ©ploiement de 1 000 CPTS pour mailler le territoire national Ă  l’horizon 2022 est une des dix mesures phares de la stratĂ©gie de transformation du systĂšme de santĂ© « Ma santé 2022 », qui prĂ©voit en outre la labellisation de 500 Ă  600 hĂŽpitaux de proximitĂ© Ă  l’échĂ©ance de 2022, conformĂ©ment aux objectifs dĂ©finis par le prĂ©sident de la RĂ©publique le 18 septembre 2018. 

Lors de son audition devant la commission de l’amĂ©nagement du territoire et dĂ©veloppement durable du SĂ©nat le 21 mai 2019, la ministre des SolidaritĂ©s et de la SantĂ© prĂ©sentait une stratĂ©gie visant en outre Ă  libĂ©rer du temps mĂ©dical, Ă  dĂ©cloisonner les professionnels et Ă  sortir de l’installation isolĂ©e. 

Cependant, la question sensible de la rĂ©gulation de l’installation des mĂ©decins sur le territoire fait toujours l’objet de grandes prĂ©cautions sĂ©mantiques, la suppression du numerus clausus instaurĂ© en 1971, de la premiĂšre annĂ©e commune aux Ă©tudes de santĂ© et des Ă©preuves classantes nationales devant, Ă  terme, avec la crĂ©ation et le dĂ©ploiement de 400 postes mĂ©dicaux salariĂ©s, dynamiser la dĂ©mographie mĂ©dicale. 

Au-delĂ  de l’accessibilitĂ© sont attendues une meilleure personnalisation des parcours et une rĂ©munĂ©ration progressivement fondĂ©e sur la pertinence et la qualitĂ©, garantes de l’efficience du systĂšme de santĂ© et de la confiance des patients comme des professionnels. La publication de l’arrĂȘtĂ© du 18 juin 2019, fixant les modalitĂ©s de calcul du montant de la dotation allouĂ©e aux Ă©tablissements de santĂ© (art. L. 162-23-15 du code de la santĂ© publique), la liste des indicateurs obligatoires pour l’amĂ©lioration de la qualitĂ© et de la sĂ©curitĂ© des soins et les conditions de mise Ă  disposition du public de certains rĂ©sultats par l’établissement de santĂ© s’inscrivent dans cette dĂ©marche. C’est aussi en faisant avancer la santĂ© numĂ©rique que des rĂ©ponses seront apportĂ©es aux attentes lĂ©gitimes de transformation de l’offre de santĂ©.

Jean-Michel Budet
Directeur de la publication