Numéro 573 - février 2018point de vue

management

Urgences…

Danger grave et imminent ?

Pour redonner du sens à l’action des services d’urgence et développer des soins de qualité, il est nécessaire de retrouver de la confiance au sein des équipes hospitalière pour co-construire des solutions pérennes et durables. Le ministère doit mettre en place et faire vivre les décisions réglementaires et structurelles que préconise le rapport sénatorial sur les urgences. Il faut aussi que les directions hospitalières relèvent le défi du changement : changement managérial, changement des systèmes d’organisation, des moyens d’information, de la communication, mais aussi de la prise en compte de l’évolution de notre rapport au travail et des leviers de motivation, changement des notions de pouvoir et d’autorité pour les soignants. Il apparaît urgent de prendre en compte les critères de satisfaction au travail et le besoin d’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Dans ce chaos, existe la certitude que le management doit reposer sur la force et l’intelligence du collectif. Alors que chaque entreprise est amenée à réfléchir à sa responsabilité sociale et environnementale, à l’hôpital, administratifs et équipes soignantes doivent avancer sur le « well working (1)» afin d’éclairer l’avenir. Les services hospitaliers ne doivent plus être dans une lutte pour le maintien de « prés carrés » et de protection « d’ego » surdimensionnés, mais au contraire dans l’ouverture, la confiance et la transparence. Le défi, pour les organisations hospitalières, est d’activer la puissance du leadership partagé au sein du collectif hospitalier.

Les rapports sur les urgences s’enchaînent – rapport du Sénat sur l’organisation des urgences (2), rapport sur l’évolution des financements des EPS (3), rapport sur la permanence des soins ambulatoires (4) – et pourtant rien ne bouge, ou presque, pour l’amélioration de la prise en charge des patients aux urgences et l’amélioration de la qualité des conditions de travail des professionnels. Les services sont débordés, démunis, déstabilisés, sous tension ; les personnels soignants et médicaux, en sous-effectifs chroniques, deviennent inaccessibles, épuisés, parfois en burn-out. La situation s’aggrave d’année en année sans que ces constats partagés par nombre de parlementaires ou de ministres de la Santé n’entraînent des mesures concrètes. Voici que fleurissent via les réseaux sociaux des alertes visibles type le « No Bed Challenge » de SUdF (5), ou des signalements de danger grave et imminent en comité d’hygiène de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) dans de nombreux hôpitaux. Et ce afin d’interpeller les communautés hospitalières et les décideurs. Ce que je décris ici, c'est la situation dramatique de cette ...

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