Numéro 598 - septembre 2020réflexion

opinion

Transformations hospitalières

Stop ou encore ?

« Les moyens étaient là, il n’y avait qu’à claquer des doigts pour les avoir, si on met de côté les moyens de protection et les médicaments(1)». Cette vision du futur de l’hôpital est-elle possible ? souhaitable ? Grève des urgences, démission collective des chefs de service, dénonciation récurrente du mal-être des soignants, difficultés à pourvoir les postes de direction…, le mécontentement des professionnels exerçant à l’hôpital public a largement précédé la crise sanitaire. L’ambition de transformation portée par le projet de loi « Ma santé 2022 », adopté à l’été 2019, venu couronner un large débat avec l’ensemble des acteurs de la santé, n’a pas paru apporter des réponses suffisamment fortes et immédiates à leurs difficultés quotidiennes. Différents plans d’urgence se sont succédé depuis, attestant que cette réforme structurelle n’avait pas infusé. Ces plans n’ont cependant pas plus convaincu, malgré les quelques milliards mis sur la table. 

Force est de constater que ni « Ma santé 2022 », ni les plans d’urgence n’apportent de réponse aux quatre marqueurs principaux de cette rupture profonde entre le monde hospitalier public et les gouvernements successifs de ces dix ou quinze dernières années : un sentiment de déclassement et une perte de reconnaissance sociale symbolisés par un niveau de rémunération largement considéré comme insuffisant, souvent inférieur au privé, et très sensiblement en deçà de ce que l’on peut observer dans les pays développés. Ainsi, l’OCDE(2) montre-t-elle que, comparativement aux salaires moyens nationaux, la France est largement en queue des 29 pays de l’OCDE pour ce qui est de la rémunération des infirmiers/ères à l’hôpital. La moyenne OCDE se situe à 1,14 fois le salaire moyen ; la France est à 0,95 (Allemagne 1,13, Luxembourg 1,38). L’écart de rémunération pour les praticiens hospitaliers entre public et privé s’est également fortement accru, notamment pour les spécialités en tension ; la conviction profonde que le passage à la rémunération à l’activité (T2A, qui représente aujourd’hui environ les trois quarts du ...

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