Numéro 522 - janvier 2013rencontres de la santé

Transparence

Mensonges et vérités

Toutes les vérités sont-elles bonnes à dire dans le domaine de la santé ?

Notre époque voit s’épanouir une exigence de naturel, d’authenticité, de transparence, de vérité. Dans la vie intime et privée comme sur la scène publique. Pour autant, quelle assurance a-t-on que l’on nous dit toute la vérité sur les pesticides, les OGM, les bénéfices de la vaccination, la sécurité de la prise en charge dans tel hôpital, le bénéfice-risque dans telle recherche biomédicale ? Dans le même temps, voulons-nous vraiment tout savoir dans le domaine de la santé, qu’elle soit individuelle (intime) ou collective (publique) ? Pouvons-nous tout entendre ? Ou, au contraire, notre niveau d’acceptabilité individuelle et sociale, voire sociétale, est-il limité ? 

Les Freudiens diront qu’il vaut toujours mieux se confronter à la réalité, aussi difficile soit-elle, que de se complaire dans l’illusion. Cette vision laisse supposer que la connaissance de la vérité est toujours préférable à l’illusion, même si cette dernière est souvent le paravent de nos propres peurs. Mais quand il s’agit de santé ou de maladie, dire la vérité ne va pas si simplement de soi. Entre tout dire, et dire en partie, entre la vérité qui gêne et le mensonge qui rassure, il n’est pas toujours aisé de choisir, que l’on se place du côté du médecin ou du côté du patient. Et ce même à l’heure du culte de la transparence.  Que ce soit en société, dans la relation duale ou vis-à-vis de soi-même, nombreuses sont les raisons qui motivent le mensonge: l’amour de soi, la recherche de déstabilisation, la peur, le mépris, l’orgueil, la jalousie, la haine, l’égoïsme, l’appât du gain, l’affection, l’amour, la défense d’une cause… Certains y voient une déviance, une pathologie, quand d’autres, à l’instar de l’éthologue et psychiatre Boris Cyrulnik, le valorisent comme un acte de créativité, une forme ...

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