Numéro 576 - mai 2018dossier

Immersion

Le paiement des actes hospitaliers

La question de l’argent dans les hôpitaux marocains revêt une grande importance dans la mesure où les prises en charge par le système de protection sociale sont fortement disparates selon les régimes. La part de reste à charge, parfois totale pour les patients dits « payants », a poussé les hôpitaux privés sans but lucratif à demander des avances aux patients, pudiquement dénommées « garanties » mais ressemblant tout à fait à des cautions. Ce reste à charge entraîne également l’utilisation de différents modes de paiement par les patients, ce qui n’est pas sans conséquence pour les hôpitaux.

Les impayés L’importance des impayés a conduit les hôpitaux, notamment du secteur privé, à anticiper le paiement des consultations, qui se réalise aux caisses avant tout contact avec le médecin, et à exiger des cautions (ou « garanties ») par chèque (certifié ou non) ou numéraire au moment des admissions ou en cours de prise en charge. Ces cautions concernent les hospitalisations qui ne bénéficient pas de justificatif de prise en charge couvrant l’intégralité des actes au moment de l’admission, et peuvent même être exigées en cours d’hospitalisation si le montant initialement prévu est revu à la hausse (nouveaux examens, prolongement de la durée d’hospitalisation…). Les urgences ne sont pas soumises immédiatement à ces contraintes, mais une caution ou une attestation de prise en charge sera rapidement demandée une fois la personne hospitalisée. Les cautions ou paiements par chèque, outre le départ occasionnel de patients avant le règlement de leur facture, sont les principales sources d’impayés pour les hôpitaux qui ont été contraints d’exiger des chèques certifiés et d’appliquer une pénalité de quelques pourcents aux ...

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