Numéro 492 - janvier 2010dossier

Hospitalisation à domicile

Les spécificités de la fin de vie au domicile

La fin de vie au domicile est le résultat d’un certain paradoxe. S’il existe une demande attestée par des sondages constants – 70 % des Français veulent mourir au domicile, 80 % décèdent à l’hôpital –, c’est donc que cette demande ne va pas de soi dans sa mise en œuvre. Il s’agit en effet d’une fin de vie rarement paisible, médicalisée et donc lourde en termes de prise en charge, difficile à « organiser » au domicile. L’hospitalisation à domicile (HAD) est une forme de réponse adaptée à cette demande mal couverte. Elle a d’ailleurs une pratique importante dans ce domaine, avec 25 % de soins palliatifs dans son activité. Mais cette réalité est ambiguë, car il y a « seulement » 7 % de décès qui ont lieu au domicile en HAD…

Le domicile, espace de vie et de fin de vie « L’hôpital et le domicile semblent être deux entités inconciliables : d’un côté, une institution de soins lourde, avec un poids organisationnel propre et des lois auxquelles le patient doit se plier ; de l’autre une sorte de paradigme du lieu privé et de l’intimité. Le domicile, espace dans lequel nous vivons, constitue une sorte d’enveloppe externe protectrice. Il délimite l’interne, le secret, l’envers du social. Il existe une continuité entre notre être psychique interne et cet espace particulier, dont on dit souvent qu’il nous ressemble. Le domicile est en effet le reflet de notre histoire, de nos valeurs, de notre conception de la famille, de l’état de notre équilibre psychique ou physique. Sorte de projection de notre image de corps, il nous permet de nous organiser comme entité stable et nous protège contre les phases d’excitation externe, mais aussi interne. » (1) L’intrusion « L’intervention à domicile est chargée de sens. Ne dit-on pas qu’on “entre” à l’hôpital et qu’on “pénètre” au domicile ? Le problème de l’intrusion est ici posé, l’intrusion étant une ...

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