Numéro 574 - mars 2018dossier

performance

Quels rythmes de travail pour un équilibre durable ?

Pour Éric Delassus, docteur en philosophie, « l’hôpital apparaît comme le lieu du choc de temporalités qu’il paraît impossible d’harmoniser ». Un choc de temporalités multiples : celle de la vie du patient ou du résident, de ses proches, le temps pour soi, pour sa propre famille, le temps du travail, une ressource de plus en plus précieuse. Quand on parle de rythmes de travail, on parle d’amplitude, de fréquence, d’alternance jour/nuit, d’équilibre vie professionnelle/vie personnelle. Et on identifie un grand nombre de contraintes avec lesquelles il faut composer, trouver son équilibre. À l’hôpital, les professionnels font état d’un sentiment de baisse de marges de manœuvre et de perte de sens. Et si s’emparer de la question des rythmes de travail était une porte d’entrée pour lui redonner du sens ? Pour appuyer leurs propos, les auteurs ont exploité une trentaine d’articles ainsi que plusieurs rapports et ouvrages (1).

Des contraintes organisationnelles et surtout des marges de manœuvre Faut-il rappeler les contraintes qui pèsent sur la détermination des organisations ? Contraintes financières (optimiser la consommation de ressources humaines), sociales (permettre aux professionnels d’être bien et en sécurité), satisfaction de la patientèle (offrir les meilleurs soins et les meilleures prestations) ; contraintes liées à la stratégie de l’établissement (offrir des créneaux de rendez-vous satisfaisants, avoir une amplitude d’ouverture compétitive etc.), liées aux normes et aux standards de qualité, contraintes de recherche de qualité de vie au travail… Un vieux réflexe chez les managers hospitaliers est de se focaliser sur les seules contraintes réglementaires, au risque de s’enfermer dans des schémas prédéterminés. Que nous dit le droit ? La réglementation sur le temps de travail à l’hôpital repose, pour l’essentiel, sur les décrets de janvier 2002. En synthèse : un professionnel à temps plein travaille 1 607 heures par an, un peu moins s’il fait des dimanches – principe réaffirmé dans le rapport Laurent (2) ; pas plus de ...

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