Numéro 548 - septembre 2015réflexion

Éthique

Respecter la dignité de la personne humaine

Précisions sémantiques et conceptuelles

Respecter la dignité de la personne humaine est un impératif catégorique pour les soignants. Mais le concept est moins évident dès lors qu’on l’analyse en profondeur ; il se révèle polysémique, comme il est normal dès qu’il en va des réflexions qui concernent l’humain. C’est d’ailleurs le propre de la réflexion éthique que de questionner le sens des pratiques, comme de la réflexion philosophique de questionner le sens des discours, et d’abord des mots qui les constituent et les expriment.

Si nos établissements hospitaliers se préoccupent, à bon droit, du respect de la dignité de la personne hospitalisée – qu’ils placent au cœur de leurs préoccupations – et de la réflexion éthique concernant son accueil (1), ils sont trop souvent identifiés par des acronymes musicalement dysharmoniques, au point que cette dureté des sonorités peut d’emblée être vécue comme violence et risque de déshumanisation. La fin – l’efficacité du soin grâce à une technicité de plus en plus pointue – ne doit pourtant pas faire oublier, non pas tant les moyens – la plupart du temps mis en œuvre à bon escient – mais les raisons ultimes de leur application, à savoir une personne vulnérable, du fait de l’âge, de la maladie, d’une souffrance morale ou physique, dont il faut s’occuper, qu’il faut soigner, guérir ou soulager, en tout cas prendre soin (2). Ce respect de la dignité de la personne hospitalisée, mentionné dans des chartes souvent affichées dans les chambres des patients – jusqu’au-dessus des lits parfois  –, remplace aujourd’hui presque terme à terme le devoir de charité, celui des établissements ...

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