Numéro 576 - mai 2018réflexion

GHT

Le regain d’intérêt pour les directions communes

Ou la « fusion du management »

Partout, les réorganisations hospitalières se redessinent à partir de directions communes (ou « partagées », pour reprendre l’adjectif consacré par Marisol Touraine), sous différentes formes : direction de site, direction des achats de territoire, etc. En outre, les pouvoirs publics ont récemment adopté un décret relatif aux modalités d’indemnisation des périodes d’intérim et à l’indemnité de direction commune(1), ainsi que son arrêté d’application(2), deux textes constituant clairement une incitation à la constitution de directions communes.

Si cette tendance est positive, en ce qu’elle montre une restructuration hospitalière à l’œuvre, dans des contextes le nécessitant parfois, elle engendre des interrogations, à la fois sur le sens du dispositif GHT, qui amorcerait par là un virage intégratif, et sur l’issue d’une telle dynamique, amenant potentiellement à l’avènement de fusions. De même, ce phénomène de développement des directions communes montre que le GHT devient un outil de planification, au détriment d’une logique de coopération, qui doit relever le challenge constitué par la promotion des parcours de soins. Le « glissement progressif »(3) vers un GHT intégratif La multiplication des projets de directions communes vient rompre avec l’ambiguïté autour du dispositif GHT. En effet, ce dernier a été depuis son adoption considéré comme un outil à part, échappant aux catégories. Le GHT semblait, par certains aspects, peu intégratif, respectueux de l’autonomie des établissements de santé, sans personnalité morale et avec des compétences, les « fonctions mutualisées et déléguées à l’établissement support», délimitées par la loi. D’un autre point de ...

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