Numéro 600 - novembre 2020dossier

entretien

Réformes hospitalières… Dix ans, et après ?

2010-2020 : le Pr Dominique Rossi, président de la commission médicale d’établissement (CME) de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM), revient avec Christophe Got, rédacteur en chef de Gestions hospitalières, sur l’impact des réformes successives sur notre système de santé.

Que retenir de positif (ou non) des dix dernières années de réformes hospitalières ? La T2A, c’était une bonne chose quand elle a été créée. C'est un mécanisme qui a mis tout le monde à égalité, quels que soient les pouvoirs aux conseils d’administration ou de surveillance de l’hôpital. Ce système de financement limite l’influence du pouvoir politique sur les crédits obtenus par chaque établissement : tout le monde est payé à l’identique pour le même acte. Malheureusement, la machine s’est pervertie. Les tarifs ont été adaptés dans le mauvais sens. Ils ne couvrent plus les coûts et encore moins l’investissement. Le vrai problème, au fond, est moins la T2A que le niveau de l’Ondam : il a été fixé à un taux trop bas pendant trop longtemps. Il faut mener une réflexion sur l’Ondam au-delà de la crise actuelle. Limiter la T2A à 50 % ? C’est une bonne idée, mais on y est déjà, ou à peu près, dans un CHU comme le nôtre. Les crédits qui financent presque la moitié de nos dépenses aujourd’hui dépendent déjà des services spécifiques que rend le CHU au service public. Quant au financement à la qualité, ...

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