Numéro 486 - mai 2009expérience

réflexion

Mourir dans la dignité

C’est peu dire que l’homme n’accepte plus d’être le jouet de la nature ou de s’en remettre à quelque volonté divine dès lors qu’il s’agit de sa vie. La volonté de contrôle est telle qu’il ne s’agit plus de laisser la moindre place au hasard. Le mot d’ordre de Descartes qui indiquait qu’il fallait se rendre « comme maître et possesseur de la nature » (1) n’a sans doute jamais été aussi suivi que dans la modernité tardive. En fait, à y mieux regarder, c’est certainement la conjonction du désir et de la peur qui conduit l’homme contemporain à cette tentation de la maîtrise tant au début de la vie – avec les prouesses de la procréatique – qu’à la fin de cette vie et ce désir ultime de contrôler encore ce qui peut l’être. Ne pas laisser la nature accomplir seule ce qui est inexorable mais maîtriser autant que faire se peut l’inéluctable finitude, qu’on essaie pourtant de refouler par tous les fantasmes de la réparation portés par les progrès de la médecine, semble aujourd’hui un souci particulièrement prégnant qui s’articule dans la revendication de geste euthanasique et le plus souvent dans la volonté de mourir ...

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