Numéro 567 - juillet 2017dossier

précarité

L’impact sur les durées de séjour

Le premier champ d’étude identifié comme fortement impacté par la précarité est la durée des séjours hospitaliers. Ce thème permet d’entrer directement dans l’analyse des liens de causalité entre situations précaires et fonctionnement du système de soins, dont une partie est intuitive tant il est évident que l’isolement, le handicap, l’absence de logement, les difficultés linguistiques ne peuvent que constituer des obstacles à la fluidité des parcours. Cette complexité impacte toutes les étapes classiques de la prise en charge du patient, de la pose du diagnostic à la préparation de la sortie. L’étude se propose d’essayer de mesurer précisément l’impact de cette réalité indiscutable sur les durées de séjour et de comparer les capacités d’adaptation des services face à cet enjeu de précarité. Cela permet d’envisager l’activation de leviers organisationnels et de pratiques internes, afin d’adapter la prise en charge et réduire l’impact du fait précaire. Cette étude repose donc sur une analyse exhaustive et anonymisée des 73 000 séjours en hospitalisation complète du CH de Saint-Denis entre 2013 et 2015.

Un fort impact lié à l’effet pur de la précarité D’un point de vue méthodologique, l’objectif consiste à distinguer un effet pur de la précarité sur la durée de séjour, d’un effet case-mix. Le case-mix d’un établissement correspond à la répartition des séjours dans les différents groupes homogènes de malades (GHM). En l’espèce, l’effet case-mix de la précarité est lié au fait que les patients les plus précaires sont proportionnellement plus nombreux à souffrir de pathologies plus graves ou de niveaux de sévérité plus importants à racine donnée. A contrario, l’effet pur signifie qu’à pathologie et niveau de gravité identiques, les patients précaires ont une durée de séjour en moyenne plus élevée que les patients non précaires. Cet effet, qui est seul constitutif d’une DMS sociale, n’est pas pris en compte dans la tarification des groupes homogènes de séjours (GHS) et pèse donc fortement sur l’établissement. Au sein de la masse de séjours étudiée, les patients précaires vont être identifiés via deux codes en Z fréquemment utilisés : Z59 : difficultés liées au logement et aux conditions ...

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