Numéro 490 - novembre 2009expérience

Éthique

Liberté ou sécurité : faut-il choisir ?

La question de la liberté et de la sécurité est au cœur de la problématique posée par le respect de la liberté d’aller et venir analysée dans le champ hospitalier. Cette question se pose quotidiennement aux soignants dans certains secteurs du champ puisqu’elle met en tension, voire dans un rapport dialectique, ces deux aspirations particulièrement valorisées dans le monde occidental contemporain que constituent le respect, d’un certain point de vue, inconditionnel de la liberté et la garantie de la sécurité. Les auteurs proposent une réflexion de nature éthique sur ce thème dont les enjeux peuvent paraître, dans une première approche, paradoxaux…

Il semble important de rappeler au préalable qu’à l’origine de l’éthique existent deux exigences. La première s’exprime sous la forme d’une responsabilité pour autrui, d’autant plus forte que celui-ci se trouve en situation de vulnérabilité. Ainsi, Emmanuel Levinas (1) et, dans une moindre mesure, Paul Ricœur (2) considèrent l’éthique essentiellement comme « responsabilité pour » ou sollicitude. La seconde se traduit par une forme d’autolimitation volontaire de ma puissance lorsque mon action engage autrui. Cette conception qu’Emmanuel Kant (3) a portée au plus haut point se justifie par le respect inconditionnel que l’on doit à la personne d’autrui, plus exactement à sa dignité. Dans la plupart des cas, il y a accord entre ces deux conceptions de l’éthique. En effet, c’est bien ma responsabilité qui m’oblige, face à la vulnérabilité d’autrui, de limiter ma toute-puissance, de ne pas réduire l’autre seulement à un moyen ou un objet (même de soin). Il s’agit alors d’associer les deux visages de la personne : celui de la vulnérabilité, particulièrement digne de sollicitude, et celui de la capacité à l’autonomie, ...

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