Numéro 535 - avril 2014dossier

Réflexion

Les mythes rationnels de la gouvernance en santé

Le cas de la « merger mania »

Tout observateur attentif des débats qui animent le petit milieu des experts et acteurs des politiques de santé en général, et de la politique hospitalière en particulier, peut, à la lecture de plusieurs rapports officiels récents, déceler quelque chose comme une fragilisation du socle d’évidences gestionnaires qui, depuis la fin des années 1990, formaient l’armature de l’action publique. Réflexion sur le déclin du management… Retour sur les mythes fondateurs du management et état des lieux de la gouvernance en santé…

Le « régime de vérité », pour parler comme Michel Foucault, ou le « puzzle doctrinal », pour reprendre l’expression de Philippe Bezès(1), qu’est le new public management (NPM) perd de son aura et de son emprise intellectuelles. Ainsi, par exemple, l’Institut de la gestion publique et du développement économique (IGPDE) consacre ses Rencontres internationales de la gestion publique du 14 mai 2014 au thème : « En finir avec le nouveau management public ». Les recettes du NPM, encensées par nombre de policymakers au début des années 2000, comme les partenariats public/privé (PPP) ou les fusions, ont fait récemment l’objet de rapports critiques (2). Même la mise en œuvre de la tarification à l’activité suscite depuis quelque temps des évaluations plus mitigées. Plus globalement, les résultats accumulés, au niveau international, par les sciences économiques et sociales sur le « management par les résultats » et les indicateurs de performance (par exemple le paiement à la performance) commencent à fracturer le mur des évidences ancrées dans les têtes des décideurs publics (3). Bref, l’heure semble au ...

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