Numéro 576 - mai 2018dossier

Immersion

Les études médicales

Entre impératif d’attractivité et nécessaire régulation

La formation des étudiants en médecine doit répondre à deux enjeux : la baisse globale du nombre de médecins et leur inégale répartition sur le territoire(1). Malgré une légère augmentation de la densité médicale entre 1999 et 2012 (de 0,43 à 0,62), le Maroc connaît une pénurie de professionnels de santé. L’analyse du rapport technique réalisé par le ministère de la Santé et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en janvier 2016 est claire : il est presque impossible à court ou moyen terme de mettre fin à cette situation sans reconsidérer la durée de formation et permettre aux médecins souhaitant prendre leur retraite, de continuer à travailler. Les médecins exercent principalement dans les régions urbaines du Maroc, ce qui engendre une inégalité de l’accès aux soins sur le territoire. Dans ce contexte, les études médicales souffrent d’un déficit d’attractivité. La durée officielle de celles-ci est de sept ans pour les médecins généralistes. En réalité, la durée moyenne des études se situe entre huit et neuf ans. Par ailleurs, 28 % des étudiants abandonnent. En outre, les études de médecine sont onéreuses : les médecins internes et résidents avaient réclamé en 2015, une augmentation de salaire et des indemnités de garde qui étaient gelées depuis 2007. Le système de santé français est confronté, dans une moindre mesure, à des enjeux similaires. Il est ainsi instructif de prêter attention aux politiques publiques marocaines récemment mises en place en l’espèce.

Le contexte sanitaire Réforme des programmes et processus LMD L’entrée en 2015 des études de médecine dans le processus LMD(2) a permis d’adapter celles-ci aux nouvelles exigences sanitaires. En pratique, la « réforme des études médicales, pharmaceutiques et de médecine dentaire » a introduit l’enseignement de nouvelles matières telles que l’économie, le droit, la communication, l’éthique ou l’environnement. En matière de stage, les étudiants qui se destinent à devenir médecin généraliste devront effectuer une partie de leur externat en dispensaire. Elle met ainsi en adéquation la formation de ces étudiants avec les besoins de leur future patientèle. Elle sécurise également le déroulé global des études, en instaurant, en cas d’échec ou de volonté de changer d’orientation, la possibilité de passerelles à la fin des semestres 4, 6 et 10. En outre, les étudiants pourront bénéficier du contrôle continu et de rattrapages semestrialisés. Les études de médecine Accès Contrairement au système français, la sélection intervient directement après l’obtention du baccalauréat(3). Même si chaque université organise son ...

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