Numéro 548 - septembre 2015réflexion

Société

Les aumôneries hospitalières

La loi du 9 décembre 1905, dite de « séparation des Églises et de l’État », prévoit pour ses citoyens qui en seraient empêchés – éloignés provisoirement ou à long terme de leur domicile – de pouvoir exercer leur culte par l’intermédiaire d’un ministre du culte qui se rendra dans « leur lieu d’enfermement ». Ce droit s’est traduit dans la mise en œuvre de la Charte du patient hospitalisé et il appartient aux directions des établissements de santé de mettre en place un service d’aumônerie dont le rôle précis est « de répondre aux besoins spirituels des patients ou résidents qu’ils accueillent ».

Il peut sembler étonnant, dans un monde hypertechnique comme le champ hospitalier, que la demande religieuse reste prégnante. On pourrait penser, et certains y ont cru, que l’expansion de la rationalité scientifique est en mesure de chasser la dimension spirituelle de l’être humain. Des expériences politiques de grande ampleur, comme le déploiement du régime soviétique, s’y sont aussi employées sans jamais réussir à éteindre la braise religieuse, même lorsque l’on a tenté de supplanter un culte par un autre. Il serait d’ailleurs particulièrement naïf de penser que la science en tant que démarche explicative du monde supprime la croyance extrarationnelle. Comme chacun sait, si la science explique le comment, elle est impuissante à dire le pourquoi, ce qui explique que beaucoup de scientifiques croient en Dieu, dont ils tentent humblement de comprendre le dessein, poursuivant ainsi le mot d’ordre de Descartes de se rendre « comme maître et possesseur de la nature ». Pour des raisons probablement liées à la conscience de sa finitude et à la recherche constante du sens de sa vie, l’homme semble avoir toujours cherché refuge dans la ...

Vous pouvez lire la suite en vous identifiant ou en créant votre profil si vous ne l’avez pas encore fait.