Numéro 534 - mars 2014dossier

Expérience

L’ergologie au CHU de Marseille

L’ergologie se donne pour objectif de comprendre le travail pour le transformer. Elle repose sur le postulat que toute transformation juste et durable du travail, de son organisation, des conditions de sa réalisation ou de sa conceptualisation ne peut provenir que d’une collaboration entre les protagonistes du travail et les chercheurs dans ce domaine. Cette démarche d’appréhension et d’analyse de l’activité humaine a été développée par Yves Schwartz au sein de l’université d’Aix-Marseille, avec la création d’un département et d’un master d’ergologie. L’auteur présente ici l’expérience de la pratique de l’ergologie au sein de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille.

Nous sommes dans un contexte de mutations accélérées et étonnantes qui prennent tout le monde de court. Les États tremblent, le système financier fait des bulles, avec de toute évidence ce qui s’annonce comme une série incontrôlable de crises de toutes sortes. Personne ne sait ce qui va se passer, les théories se disent et se contredisent, plus rien ne semble avoir de sens dans ce qui fondait notre mode de vie, notre manière de penser, la valeur de la vie et donc forcément aussi celle du soin. La perte des sens Pour aborder cette question du sens, sans doute faut-il d’abord s’interroger sur ce qui nous a conduits à la situation actuelle. L’évolution de la pensée économique constitue l’une des pistes de compréhension concernant la genèse de ce phénomène globalisé. Cette pensée a été longtemps étroitement liée à des considérations sociales, morales et politiques. Puis est survenue une sorte de rupture, avec l’introduction de cette idée que l’économie pourrait constituer une science autonome, indépendante de la question des valeurs et du sens que l’on voudrait lui donner. Cette conception de l’économie érigée en science dure, ...

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