Numéro 598 - septembre 2020covid-19

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Lectures géographiques/3

Le Fleuve bleu et la Banane bleue

La terre est bleue comme une orange.
Paul Eluard

Faire de la géographie, ce n’est pas seulement colorier des cartes. Cela peut être aussi, comme l’auteur l’a proposé dans son précédent article, énoncer des noms de lieux et les classer, par exemple du plus proche au plus lointain, sur un axe chronologique et constater que plus ils apparaissent récemment, plus ils désignent des territoires ou des lieux éloignés de ceux qui les prononcent. Énoncer ces noms, c’est un peu comme suivre la tapisserie de Bayeux ou dérouler la table de Peutinger. Mais, c’est vrai, faire de la géographie, c’est aussi s’appuyer sur des cartes et montrer via les cartes ce qu’il se passe.  

L’espace mondial De quoi ont besoin les épidémies pour se répandre ? De quelques ingrédients : un agent pathogène infectieux, un environnement qui permet aux microbes de subsister, des populations humaines suffisamment nombreuses et denses pour que la circulation des microbes soit active, des occasions de nouvelles rencontres entre l’agent et l’homme, des populations non immunisées, qui circulent et qui se rencontrent. Ces ingrédients se retrouvent en de multiples points du globe mais leur conjonction est plus rare, limitée à quelques endroits de la planète.  Concernant les vecteurs pathogènes ou agents infectieux, ils sont très variés. Ce sont des prions, des virus, des bactéries, des protozoaires, des levures, des champignons, des parasites, certains arthropodes. On compte chez l’homme environ 1 500 agents infectieux. Tous ne sont pas également dangereux. Certains sont même absolument nécessaires au fonctionnement de notre organisme. Beaucoup sont cependant inconnus, notamment parmi ceux qui touchent la faune sauvage et qui peuvent infecter l’espèce humaine.  On entre d’emblée dans une dimension très géographique des épidémies. ...

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