Numéro 522 - janvier 2013rencontres de la santé

Dialogue

Le discours des cancérologues lors de l’annonce d’un cancer

Entre vérité et mensonge thérapeutique

En s’appuyant sur l’observation et l’analyse de consultations d’annonce dans différentes disciplines de la cancérologie (hématologie, cancer du sein, neuro-oncologie et oncologie thoracique), l’auteur aborde les différentes stratégies de communication présentes dans le discours des médecins oncologues. À cette étape de la prise en charge, ce discours est souvent traversé par des tensions et des contradictions qui s’incarnent dans la forme même de leurs énoncés. Des tensions qui invitent à penser la relation soignant/soigné au-delà d’une opposition morale vérité/mensonge et à approfondir la nature de la communication qui s’engage.

Intérêts et limites du dispositif d’annonce  Lors des États généraux du cancer de 1998 organisés par la Ligue contre le cancer, de nombreux patients ont exprimé leur attente d’une information plus claire et plus adaptée à leur singularité et leurs besoins. Comme l’exprime Henri Pujol, jadis président de la Ligue contre le cancer, ces revendications affirmaient l’urgence pour les patients d’« être informés d’une façon relationnelle et non pas d’une façon distanciée (1) ». Au-delà de la dimension scientifique et pédagogique imposée par la technicité de l’activité médicale en oncologie, la relation soignant/soigné devait pouvoir s’ouvrir à l’expérience singulière et subjective du patient, ses difficultés matérielles et sociales, les retentissements de la maladie et des traitements sur son identité, sa sexualité, l’image de son corps, sa reprise d’activité professionnelle, etc. L’information sur la maladie doit pouvoir accompagner, préparer et soutenir le malade dans ses attentes et ses difficultés propres.  Ces revendications ont pu trouver une réponse institutionnelle forte avec la mise en place du dispositif ...

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