Numéro 512 - janvier 2012graph

1re séance

Don et reconnaissance

La quête de la reconnaissance, ressort ultime de l’action humaine

Je voudrais rappeler les significations du mot « reconnaissance ». Premier sens : identifier quelque chose, une personne. Deuxième signification : attribuer de la valeur à une personne ; c’est la reconnaissance de plus en plus thématisée dans un discours philosophique récent. Troisième signification : gratitude ; j’ai de la reconnaissance vis-à-vis de vous. Parler de gratitude, marquer le lien entre la reconnaissance et le don : avoir de la reconnaissance, en avoir pour un don qui a été fait.

Remarque quant au terme sumbolon : le « symbole » est l’objet brisé en deux, partagé entre partenaires d’hospitalité. C’est de là que vient le mot « symbole », avec des significations extraordinairement variées selon les usages philosophiques, psychanalytiques ou autres… Il est intéressant de garder l’origine du mot, qui a précisément rapport à la question du don : le symbole reconnaît un don qui a été fait. Il y a donc un lien très étroit entre la question de la reconnaissance et la question du don et, bien sûr, celle du partage, qui est une modalité de la relation de don. Ce sont des thèmes extraordinairement complexes et riches ; comment baliser un parcours à travers ces termes ? Le plus simple est de présenter le travail fait par la Revue du Mauss, créée en 1981 ; « Mauss » signifie deux choses : Mouvement Anti-Utilitariste en Sciences Sociales, traduisez « anti-économiciste », une manière de s’opposer à la tentation ; un hommage à Marcel Mauss, neveu et héritier spirituel, intellectuel d’Emile Durkheim, fondateur de l’école sociologique française fin 19e/début 20e siècle. Il est l’auteur d’un texte, le plus ...

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