Numéro 581 - dĂ©cembre 2018rĂ©flexion

Prospective

La gouvernance des GHT en 2019

La problématique de l’intérim médical sur de nombreux GHT est symptomatique du besoin d’adapter les systèmes de direction des hôpitaux au niveau territorial, afin d’apporter une réponse durable aux dysfonctionnements et aux ambitions des projets médico-soignants partagés. Comment, en effet, en maîtriser le coût si les hôpitaux n’engagent pas une politique complémentaire d’attractivité médicale ? Et comment mettre en œuvre une stratégie commune si on ne déploie pas une stratégie de recrutement et de gestion des effectifs médicaux convergente ? Plus globalement, l’intégration des systèmes de direction conditionne la capacité des hôpitaux à répondre à leurs défis : ouverture vers la ville, qualité et fluidité des parcours patients, responsabilité populationnelle, efficience des processus organisationnels, performance des fonctions supports… Différents schémas de gouvernance plus ou moins transversaux et intégratifs sont actuellement mis en place. Mais, de manière générale, le système de(s) direction(s) des GHT reste, fin 2018, très marqué par des relations cloisonnées entre établissements, hiérarchisées et complexes. L’année 2019 doit être l’occasion de renforcer la direction des GHT. Sans nécessairement passer par des directions communes ou des fusions, la mise en place d’organigrammes communs de directions peut être envisagée lorsque des fonctions ou missions doivent être plus fortement intégrées. La question du sens de chaque niveau d’intégration par fonction ou mission semble à l’auteur fondamentale. Qui propose ici une proposition de réflexion cible pour 2019 quant à la gouvernance des GHT, sans attendre les éventuelles orientations législatives ou réglementaires du plan « Ma santé 2022 ».

Les années 2000 La « nouvelle gouvernance », ou l’émergence d’une culture de management à l’hôpital et ses limites Le plan Hôpital 2007 formulé en 2002, puis l’ordonnance de mai 2005 et la loi HPST de 2009 engagent un processus de transition de la gouvernance hospitalière d’une culture d’administration à une culture de management. Les chefs de pôle se voient théoriquement déléguer un certain pouvoir de gestion. Ces réformes tournent le dos à une certaine forme de gestion administrative et créent une organisation hybride où le pouvoir de gestion est partagé entre les directions fonctionnelles et les directions opérationnelles. Ce nouveau modèle de gouvernance se fixe pour objectif de mettre en cohérence les orientations de l’établissement, de les coordonner et les animer aux différentes échelles. Les réformes de 2005 et 2009 ont progressivement détourné l’hôpital public de son objectif principal : offrir un service public et une prise en charge médicale de qualité et sécurisée. Dans certains cas, ces transformations organisationnelles ont entraîné une fracture entre l’établissement et les professionnels. Des ...

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