Numéro 548 - septembre 2015dossier

Analyse

Pour d’autres repères et une refondation des CHU

En mai 2014, Benoît Péricard appelait à l’audace d’une remise à plat de l’organisation hospitalière dans un article intitulé « Big bang territorial et restructuration hospitalière : une opportunité historique (1) ». En juillet-août de la même année, Gérard Larcher publiait « Réforme territoriale et politique de santé : il est urgent de croiser les regards (2) ». En décembre 2014, sous le titre « CHU et nouvelles régions… pour ne pas abîmer l’avenir (3) », Emmanuel Vigneron analysait le positionnement régional des centres hospitaliers régionaux universitaires (CHRU). Plusieurs événements récents doivent inciter les établissements publics de santé, et notamment les CHU, à répondre à ces invitations pressantes et à s’engager dans des démarches stratégiques de nature à garantir leur avenir : la réforme territoriale de l’État et des collectivités, le projet de loi de santé, le plan triennal d’économies qui conduit à l’accélération de la mutation de l’hôpital public, les initiatives prises par certains acteurs comme Unicancer… L’opportunité d’une refondation doit être saisie.

Sans prendre au pied de la lettre la fin annoncée de l’hôpital public par l’économiste Frédéric Bizard en référence à la Convention montagnarde de 1793, on ne peut rester indifférent aux propositions de ce dernier concernant les CHU et la création de centres ambulatoires universitaire (CAU) : « Le CHU, lieu d’excellence, reste la tête de pont de la recherche et de l’enseignement où sont réalisées des interventions techniques, impossibles à faire ailleurs. Dans ce schéma, la médecine libérale bascule dans les structures ambulatoires, et le CHU vers un lieu d’excellence. On ne ferme pas de CHU, on ferme certainement des hôpitaux généraux, car il y a beaucoup trop de lits. S’il y a un modèle qu’il faut conserver, c’est le CHU qu’il faut décharger de sa mission de proximité. Je ne crée pas le CAU pour déshabiller l’hospitalisation publique. Les CAU seront liés aux CHU. Et tout cela a une logique à condition d’arrêter de penser que l’hôpital est une cathédrale dans laquelle il y a des lits. L’hôpital, c’est des ressources. Sa force, ce n’est pas son nombre de lits (4). » Dans ce contexte, les CHU doivent prendre ...

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