Numéro 594 - mars 2020dossier

stratégie

Fermer une maternité : fatalité ou opportunité ?

Le cas angérien

Le 27 janvier 2017, la maternité du centre hospitalier de Saint-Jean-d’Angély fermait ses portes. Cette décision marquante pour la vie d’une institution aurait pu apparaître comme le signal du déclin, via l’abandon d’une activité symbolique pour un hôpital public. Au contraire, l’élaboration d’un projet complet de reconfiguration de l’offre de soins a été l’occasion pour l’établissement angérien de trouver sa place au sein de la direction commune avec l’hôpital de Saintonge, à Saintes, en partageant le leadership sur le portefeuille d’activités proposé à la population du territoire, sans abandonner ses missions de proximité sur le champ de la périnatalité.

La fermeture d’une maternité est traditionnellement le signe d’un territoire en déclin et d’un hôpital en perte de vitesse. Sur le plan démographique, les indicateurs relatifs à la maternité du CH de Saint-Jean-d’Angély ne faisaient pas exception à la règle, avec une baisse inexorable du nombre d’accouchements en dix ans : 482 en 2008, 338 en 2012, 287 en 2015 et 246 en 2016, soit en deçà du seuil réglementaire des 300 accouchements.  Implanté sur un territoire rural et dans un bassin de 55 000 habitants qui s’étire jusqu’aux limites nord et est du département, l’hôpital angérien devait en outre faire face à la concurrence de quatre autres établissements situés à moins de 30 minutes et dotés de maternités de niveaux I à II B, associées à des plateaux techniques plus modernes et étoffés que le sien(1). Dans ce contexte, la soutenabilité économique de la maternité était devenue une équation complexe à résoudre. En effet, pour l’activité d’obstétrique (tous niveaux de maternité confondus), le seuil de rentabilité est aujourd’hui estimé à 1 200 accouchements par an, selon une étude réalisée par un ...

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