Numéro 596 - mai 2020covid-19

Réflexion

Entre sécurité et humanité

Les visites aux malades en fin de vie

Le 16 mars 2020, dans un contexte de « guerre sanitaire », le président de la République annonçait le confinement généralisé de la population pour endiguer l’épidémie de Covid-19. Bon nombre de structures hospitalières n’avaient pas attendu l’annonce pour prendre des mesures de restriction de visite afin de protéger leurs patients. Si ces restrictions sont légales(1) et parfaitement justifiées pour protéger les malades, des exceptions doivent exister. En effet, dans cette situation de crise exceptionnelle, il est indispensable de replacer l’humain au centre en trouvant une organisation permettant la visite d’un ou plusieurs proches pour les patients en phase palliative terminale.

«La pire souffrance est dans la solitude qui l’accompagne » Malraux  L’hôpital est généralement le lieu de la fin de vie (75 % de la population y meurt). La Haute Autorité de santé définit la fin de vie comme « les derniers moments de vie d’une personne arrivant en phase avancée ou terminale d’une affection/maladie grave et incurable ». De nombreux patients, atteints de Covid ou non, se sont trouvés en situation de fin de vie dans nos hôpitaux pendant la crise sanitaire. Dans quelle mesure doit-on trouver un équilibre entre sécurité et humanité et poursuivre l’organisation des visites pour ces malades ?  En temps normal, plus d’un Français sur deux (58 %) meurt à l’hôpital. Parmi ces malades, 22 % meurent dans une unité de réanimation (généralement après une décision médicale de limitation de soins) et seulement 25 % bénéficient de soins palliatifs (unité de soins palliatifs, lits identifiés soins palliatifs). Pour ces patients, la visite de proches est encouragée. L’épidémie de Covid-19 a fait bondir le nombre de morts à l’hôpital et, par conséquent, le nombre de situations de soins palliatifs. Les ...

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