Numéro 590 - novembre 2019dossier

stratégie

Effluents hospitaliers et résidus issus de médicaments

Pour une gestion responsable

L’usage des médicaments en France a connu un essor considérable depuis près de 50 ans (5e marché mondial en 2018(1), avec plus de  2 800 substances actives à usage de médecine humaine commercialisées en 2013 (2 400 en ville, 2 150 à l’hôpital(2)). Le circuit du médicament suit une procédure très réglementée et contrôlée, visant à garantir la sécurité sanitaire sur l’ensemble de la chaîne de prescription, dispensation et administration. Se pose cependant la question aujourd’hui des résidus dans les effluents. En effet, les molécules consommées par les usagers ne sont pas totalement dégradées dans l’organisme et sont excrétées principalement par les voies urinaires et fécales. En règle générale, les effluents issus des établissements sanitaires et médico-sociaux sont acheminés vers des stations d’épuration urbaines, sans filières spécifiques, dont les rejets se font dans les milieux aquatiques. Dès les années 1970, des détections de résidus de médicaments dans l’environnement sont rapportées dans la littérature scientifique. En France, la réglementation n’établit à ce jour pas de normes et valeurs de référence à respecter en matière de micropolluants dans l’eau (résidus de médicaments inclus), même si la directive-cadre sur l’eau impose une surveillance de certains d’entre eux. Comment dès lors réduire cette charge environnementale ? Quelle stratégie de gestion de ces effluents viendrait renforcer l’engagement responsable des professionnels ? Le présent article ouvre la réflexion à partir de travaux de recherche sur la réduction des rejets des micropolluants dans les milieux aquatiques.

La gestion des déchets liquides à risques en milieu hospitalier vise à éviter leur déversement dans le réseau d’eaux usées des établissements, afin de prévenir certains risques sanitaires et garantir une gestion responsable(3). La présence de résidus de médicaments d’origine hospitalière dans leurs effluents puis dans les milieux aquatiques en rappelle les limites(4). Différents travaux suggèrent que les effluents industriels et urbains forment la source majeure des rejets de résidus de médicaments dans les écosystèmes aquatiques(5). Ces rejets sont en majeure partie d’origine diffuse et les estimations de la contribution des établissements de soins en termes de charge globale en résidus de médicaments se situent entre 10 et 20 %. L’Académie nationale de pharmacie souligne que considérer les établissements de soins comme « la » source de ces résidus consiste en une simplification erronée, la problématique étant plus complexe et nécessitant une approche molécule par molécule. Le report des soins vers la ville et le domicile renforcent d’autant ce positionnement. Certains antibiotiques néanmoins pourraient présenter en large partie ...

Vous pouvez lire la suite en vous identifiant ou en créant votre profil si vous ne l’avez pas encore fait.