Numéro 535 - avril 2014(dossier)

Le management dans tous ses états

Comme l’éthique, le « management » fait aujourd’hui partie de ces notions employées par tous, vidées de leur sens par une utilisation abusive. Désormais, tout le monde manage sans le savoir. À partir du moment où vous entrez en relation avec autrui, il est fort probable que vous ayez la lourde responsabilité de le manager. Trop souvent comparé à n’importe quelle personne ayant autorité (chef d’orchestre, entraîneur de rugby), comme s’il ne possédait pas d’identité propre, le manager a toutes les attributions des anciens leaders, mais le mot n’a plus cours en régime démocratique, et sa traduction dans d’autres langues pose toujours problème.

Alors, de quoi le management est-il le nom ? Plusieurs réponses sont acceptables. L’argument historique suggère que la dernière discipline apparue est toujours à la mode. La réponse culturelle voit la rationalité économique prendre le pas sur l’administration des choses. La posture politique promeut les problèmes de management afin de dissimuler la fin du courage ou le manque de moyens. La réponse sociologique enfin, murmure que l’acquisition frénétique de connaissances en management provient d’un parcours universitaire peu valorisé. Au-delà de tous ces aspects, nous sommes convaincus que la diffusion des théories managériales doit être réévaluée à l’aune des performances actuelles des organisations de santé. Nous sommes aussi persuadés que les modes passent. Les idées aussi. Et qu’une seule réalité résiste : il faut agir et laisser le management… aux managers !