Numéro 556 - mai 2016(dossier)

La responsabilité sociale des entreprises

Une recherche rapide sur Internet du sigle RSE fait apparaître un double constat : d’une part, une profusion de sites, articles, ouvrages, études, initiatives, prix, etc. consacrés au thème de la responsabilité sociale des entreprises (RSE) ; on dénombre ainsi plus de 21 millions d’occurrences sur le moteur de recherche Google ! Mais, d’autre part, on note une absence presque systématique de l’hôpital et du secteur médico-social, comme s’ils n’étaient pas concernés par la RSE.

Si l’on en croit la troisième communication de  la Commission européenne sur la responsabilité sociale des entreprises, datant d’octobre 2011, la RSE est « la responsabilité des entreprises vis-à-vis des effets qu’elles exercent sur la société. […] Afin de s’acquitter pleinement de leur responsabilité sociale, il convient que les entreprises aient engagé, en collaboration étroite avec leurs parties prenantes, un processus destiné à intégrer les préoccupations en matière sociale, environnementale, éthique, de droits de l’homme et de consommateurs dans leurs activités commerciales et leur stratégie de base ».

Rien, par conséquent, n’exclut l’hôpital et le médico-social de la RSE : ils y ont au contraire toute leur place ; mais ils ne la prennent pas, ne la revendiquent pas, ou n’osent pas le faire.

Il serait bien entendu possible de considérer qu’il en va de la RSE comme il en allait de la qualité il y a quelques années : on n’a pas attendu textes, incitations, obligations et indicateurs pour en faire. Et il y a fort à parier que nombre d’établissements sont engagés dans des démarches relevant de l’un des différents champs de la RSE, mais ne communiquent pas dessus, voire ignorent qu’il s’agit d’une démarche de RSE.

Une autre explication, mais peut-être liée à la première, tient probablement dans les craintes que suscite ce sigle : tout le monde a entendu parler de RSE, mais bien peu de personnes seraient capables de définir ce qu’elle signifie et quelles sont ses implications. Face à un ensemble que l’on comprend mal, une réaction fréquente est bien souvent de s’en éloigner, en espérant qu’il n’y aura pas de certification RSE comme il peut y avoir une certification HAS ou une certification des comptes.

Et pourtant… Le dossier que Gestions hospitalières présente aujourd’hui recense de multiples initiatives simples, aisément reproductibles. Nous avons choisi de faire cohabiter analyses de spécialistes de la RSE et exemples d’actions concrètes que peuvent mener les structures sur le terrain, de l’Ifsi au CHU, et tous types d’expériences, de l’achat de dispositifs médicaux à l’amélioration du cadre de vie en passant par la lutte contre la discrimination et le partenariat médecins/directeurs.

Il ne reste plus qu’à espérer que ces exemples sauront inspirer les professionnels sur le terrain ou feront naître des échanges et des discussions autour des bonnes pratiques, dans l’espoir que « RSE » ne signifie plus seulement « responsabilité sociale des entreprises » mais aussi « responsabilité sociale des établissements (sanitaires et médico-sociaux) » !