Numéro 590 - novembre 2019(dossier)

Développement durable

Alors que l’on constate que notre environnement, censément être immuable, ne cesse de se dégrader du fait de modes de vie inadaptés, les établissements de santé gardent pour vocation de prolonger la vie humaine dans les meilleures conditions possibles et de différer au maximum notre obsolescence programmée.

Si l’hôpital prend soin du corps et de l’esprit, il relève également de sa responsabilité de protéger l’environnement de ses usagers et de ses soignants.

Le rapport Brundtland (1987) est le premier à avoir défini le concept de développement durable (sustainable development), offrant ainsi l’idée d’un développement des générations actuelles sans dégradation de celui des générations futures. 

L’Agenda 21, adopté lors du Sommet de la terre de Rio de Janeiro en 1992, a ensuite repris ce concept en le structurant en trois piliers : économique, environnemental et social. La transposition en France de ce concept a été lente mais plusieurs textes des années 2000 ont pu hisser la protection de l’environnement et la notion de développement durable au rang des préoccupations constitutionnelles, institutionnelles et hospitalières.

Avec près de 700 000 tonnes de déchets (Anap, 2010) et 1,5 milliard de repas (Ademe, 2016) produits par les établissements de santé publics et privés, auxquels s’ajoutent 25 milliards d’euros d’achats hospitaliers (Cour des comptes, 2017) et la gestion d’environ 60 millions de mètres carrés de patrimoine (Cour des comptes, 2012) pour les seuls établissements de santé publics, l’intérêt d’une politique de développement durable des établissements de santé prend tout son sens.

Le développement durable est à la croisée des enjeux organisationnels, techniques, financiers et environnementaux. Dans ce dossier, des articles transversaux (démarche mise en œuvre, environnement…), sectoriels (énergies, blocs opératoires, déchets, mobilité, achats…) ou spécifiques (mise en place d’un projet ou d’un partenariat) permettent de présenter une partie des solutions qui peuvent être apportées à ces questions dans les établissements et offrent le témoignage d’une véritable prise de conscience de ces enjeux par le secteur de la santé, du dynamisme et de la créativité de ses agents pour rendre l’hôpital davantage écoresponsable.

Pour prendre le seul exemple de la sphère numérique, qu’il s’agisse de la dématérialisation à la rationalisation du stockage numérique ou de l’allègement substantiel des pièces jointes aux mails (émettrices de CO2) à la mise en place d’une journée de suppression des mails ou d’un moteur de recherche alternatif à Google ou Bing (Qwant, Lilo, Ecosia…), les 5,5 millions d’agents publics ont un poids déterminant dans une démarche globale de développement durable. Parmi eux, le 1,2 million d’agents du secteur hospitalier peut aisément être le fer de lance de cette stratégie qui inscrira dans un cercle vertueux les autres administrations, et au-delà.

Rudy Chouvel
Directeur adjoint chargé des affaires générales et juridiques,
du développement durable, de la logistique et du pôle chirurgie
CH de Moulins-Yzeure