Numéro 600 - novembre 2020dossier

entretien

Dix ans : la carte (mentale) et le territoire de soins

Le Pr Raphaël Gaillard, professeur de psychiatrie à l’université de Paris, chef du pôle hospitalo-universitaire psychiatrie Paris 15 au GHU Paris Psychiatrie & Neurosciences (site de Sainte-Anne) et président de la sous-section 49-03 (psychiatrie adultes – addictologie) du Conseil national des universités, revient sur l’évolution de la psychiatrie de ces dix dernières années. 

Quel regard portez-vous sur l’évolution de la psychiatrie et les enjeux pour l’hôpital au cours de ces dix dernières années ? Je m’arrêterais plus spécifiquement sur deux enjeux essentiels de la psychiatrie : le rapport au territoire via le secteur psychiatrique et les nouvelles approches de remédiation dans ce qu’elles reflètent des aspirations sociétales vis-à-vis du soin. Il est intéressant de constater que la culture du territoire, intrinsèquement liée à la psychiatrie depuis plus de 50 ans, constitue une nouvelle aspiration de toutes les spécialités médicales. En effet, après une période de forte centralisation de l’organisation de la santé, notamment portée par la loi HPST et la création des ARS il y a onze ans, il est amusant pour les psychiatres d’assister à ce retour vers le territoire. La psychiatrie est en effet consubstantiellement liée et reliée à son territoire et à sa population depuis l’avènement du secteur et la philosophie de prise en charge qui l’accompagne. Le secteur correspond à un territoire géographique précis, avec un bassin de population défini et qui dépend d’une équipe de soins ayant pour ...

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