Numéro 522 - janvier 2013rencontres de la santé

Subjectivité

De la vérité à la prise en compte de la réalité

L’importance de la dimension singulière

Les rencontres que nous vivons à l’hôpital, dans ce cadre si particulier des « soins palliatifs », nous conduisent sans cesse à nous interroger sur notre positionnement. Notre expérience nous apprend qu’il n’y a pas de « bonnes » manières de faire érigées en vérité absolue sur le « comment faire avec la mort de l’autre ». Toutes ces histoires que nous vivons sont des histoires de rencontres avec un sujet singulier, sa subjectivité, ses désirs, ses difficultés, ses possibilités… Prendre le temps avec l’autre, proposer une offre adaptée à ce qu’il vit, créer un ailleurs où il puisse se dire…, autant de missions difficiles à mener dans une institution où le patient est « pris en charge », entre un avant et un après. Non seulement il se retrouve dans un monde qu’il ne connaît et qui ne le connaît pas, mais il est aussi pris à défaut de devoir entendre qu’il va mourir. Il n’est plus le même avant et après une annonce. 

Quand nous parlons d’écoute, il s’agit « d’être à l’écoute », d’être en mesure d’écouter et plus encore. « À l’écoute » signifie « prêter l’oreille pour entendre » et encore « tenir compte de quelqu’un, de ses paroles, de sa volonté, de ses désirs ». Nous tentons de l’être, à l’écoute, au détour des rencontres pour rendre sensible notre oreille, mais aussi notre regard, en appréhendant la dimension du singulier. Et nous pensons en regardant Mme A. : « Tiens, elle s’est maquillée aujourd’hui. » Nous écoutons et nous nous questionnons : que s’agit-il d’entendre ? Nous tentons d’aller à la rencontre de ce discours subjectif, si complexe dans sa dialectique, qui le rend si passionnant et qui traduit dans le même temps une position du sujet dans toute sa singularité.  Peut-on dire la vérité ?  Nous sommes, dans nos pratiques, aux prises avec une réalité qui vient dire au sujet ce qui serait la solution pour lui. Lorsqu’il nous rencontre, le patient est souvent perplexe, et à cette perplexité ni lui ni nous ne pouvont répondre. Pour le patient, il s’agirait d’un « je ne sais pas ce que je ...

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