Numéro 523 - février 2013dossier

Étude

De la rue à l’hôpital et de l’hôpital à la rue

Le coût de l’absence de prise en charge médico-sociale

En observant le parcours des « grands précaires », il apparaît que ceux-ci sont régulièrement admis au centre hospitalier universitaire (CHU) de Bordeaux. Ces admissions hospitalières récurrentes renseignent sur l’état psychique et physique de ces personnes et sur la relation que l’on peut établir entre leur état de santé et leurs conditions de vie. Le trajet de la rue à l’hôpital, de l’hôpital à la rue, témoigne aussi de l’inadaptation des structures d’accueil et du dysfonctionnement des modes de prise en charge de ces personnes polyhandicapées et précaires, une forme inacceptable de maltraitance.

Ceux que l’on appelle les « grands précaires » sont en dehors des circuits sociaux, de soins et d’hébergement, depuis plusieurs années dans la rue, les squats, les parkings, les tentes… Ces personnes, qui sont aussi les plus désocialisées et celles dont l’état psychique est le plus dégradé, nécessitent une grande vigilance et des contacts fréquents, mais aussi une grande disponibilité dans la relation. Elles ont en commun une altération de leur état général liée à leurs conditions de vie et d’hygiène, présentent des pathologies physiques associées à une consommation massive d’alcool, ainsi que des séquelles de traumatismes physiques, tels les traumatisés crâniens. Un grand nombre présente des troubles cognitifs et/ou neurologiques aggravés par la consommation d’alcool et/ou de produits psychotropes.  Ces personnes défavorisées ont également en commun des traumatismes psychiques, des handicaps mentaux et, pour un nombre important d’entre elles, des maladies mentales (psychose, schizophrénie, troubles anxieux et dépressifs graves, et autres troubles de la personnalité, troubles bipolaires, obsessionnels et compulsifs, ...

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