Numéro 576 - mai 2018expérience

Économie

Coût d’une préparation d’anticancéreux injectable

Impact de l’utilisation des dispositifs médicaux sécurisés et du volume annuel de production

La centralisation de la préparation des chimiothérapies cytotoxiques sous responsabilité des pharmaciens hospitaliers est une obligation réglementaire compte tenu de la toxicité potentielle des médicaments manipulés. La mise en place du premier plan Cancer en 2003 et du décret relatif au bon usage du médicament en 2005 a également contribué à positionner la centralisation de la préparation des médicaments anticancéreux au cœur de cette obligation, accompagnée par une démarche de sécurisation du circuit du médicament cytotoxique(1). Parallèlement, les fournisseurs de dispositifs médicaux ont étoffé leurs offres avec des matériels stériles « sécurisés » pour accompagner la réalisation de ces préparations. L’étude présentée ici évalue l’impact médico-économique de leur utilisation en comparant deux périodes de préparation, avec et sans ces dispositifs.

La manipulation des anticancéreux est liée à un risque d’exposition du personnel hospitalier à des agents cytotoxiques(2). Ce danger potentiel a été mis en évidence dès 1979 avec Falck et al.(3) (mutagénicité d’urines d’infirmières manipulant des produits cytotoxiques). La protection des manipulateurs est depuis devenue primordiale et s’est intégrée dans un contexte de maîtrise globale des risques de contamination chimique. Lors de la phase de préparation, les préparateurs reconstituent les doses de cytotoxiques injectables en système clos conformément aux bonnes pratiques de préparations (BPP)(4), c’est-à-dire sous isolateur ou sous hotte à flux d’air laminaire vertical, garantissant ainsi une manipulation aseptique et une protection du manipulateur et de l’environnement. Cette protection est optimisée par un respect strict des procédures en vigueur dans le cadre du système de management de la qualité. Le risque résiduel de piqûre accidentelle ne peut cependant être totalement prévenu avec des aiguilles biseautées classiques. Lors des phases d’administration, l’infirmière s’expose potentiellement aux traitements ...

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