Numéro 568 - septembre 2017réflexion

société

Compte personnel d’activité et éthique du care

Une révolution sociale et philosophique à mener

Lors de son interview au journal Le Point daté du jeudi 31 août 2017, le président Macron évoque le passage à une sécurité sociale dite « beveridgienne », où les risques sociétaux tels que la maladie et le chômage méritent d’être financés par l’impôt au nom de la solidarité nationale. Il souligne d’ailleurs que le système de l’Unédic (1) en fait d’ores et déjà partie : sa dette étant garantie par l’État, il ne s’agit que d’un système assurantiel de façade. Une transformation de notre protection sociale est en effet nécessaire en raison de son inadéquation grandissante – son modèle économique est en train de s’essouffler, notamment avec la question des retraites – avec la société contemporaine. Pour y parvenir, nous disposons de deux outils permettant de mener à bien une révolution sociale et philosophique : sur le plan pratique, le compte personnel d’activité (CPA), entré discrètement en vigueur le 1er janvier 2017 ; sur le plan théorique, le courant philosophique de l’éthique du care.

Créé par l’article 38 de la loi du 17 août 2015 relative au dialogue social et à l’emploi (2), et étendu aux fonctionnaires par l’ordonnance du 20 janvier 2017 (3), le compte personnel d’activité (CPA) est un compte qui rassemble, pour chaque personne, « les droits sociaux personnels utiles pour sécuriser son parcours professionnel ». Ouvert à partir de 16 ans, le CPA se double d’une interface en ligne (4) qui permet un accès direct à ses droits. Son contenu exact est cependant reporté à une négociation des partenaires sociaux ainsi qu’à un rapport du gouvernement. Quant à l’éthique du care, née dans les années 1980 aux États-Unis après la publication de l’ouvrage Une Voix différente de Carol Gilligan (1982), elle promeut un comportement inspiré par la morale du soin, complémentaire à la morale de la justice qui prévaut aujourd’hui. Alors que les activités de soin (aide aux personnes âgées, tâches ménagères) sont peu valorisées dans nos sociétés, l’éthique du care pense l’être humain comme un être relationnel, qui est à la fois un care receiver et un care giver. En partant des interactions de care comme bases ...

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