Numéro 570 - novembre 2017actualité

Poésie

Silence hôpital

Montant vers le bloc opératoire vouloir prolonger
le temps d’ascenseur
L’heure de l’opération
et dehors
un ciel si bleu

Cet ouvrage est le fruit de passages répétés à l’hôpital, non pas en tant que malade mais comme accompagnant d’un être proche et cher ayant dû subir plusieurs opérations et effectuer de nombreux séjours en soins intensifs. Pour partager ma profonde émotion et mon désarroi, pour témoigner du monde de la douleur (mais aussi du soin et de la compassion), j’ai choisi la forme littéraire la plus épurée, la plus simple et la plus concrète, à savoir ces petits textes de trois lignes inspirés du haïku japonais.

On est ici dans le domaine des sensations fugitives, des choses vues et vécues, dans un état de vigilance permanent à ce qui se passe aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’hôpital. Il m’a semblé que c’était le meilleur moyen pour éviter le pathos qui menace ce genre de témoignage. Cette écriture épurée m’a permis de prendre du recul et aussi de donner une forme de portée universelle (enfin, je l’espère) à ce que j’ai écrit. Je crois que l’écriture – en particulier dans sa forme poétique – est le fruit d’une attention soutenue (comme le disait le Nobel Czeslaw Milosz) à tout ce qui nous entoure. Elle peut aussi nous aider à exorciser le monde des peurs et des douleurs. J’en ai fait l’expérience avec ces semaines d’hôpital. »(Pierre Tanguy)

Pierre Tanguy évoque l’hôpital dans d’autres recueils publiés chez le même éditeur (La Part commune) : à propos de la naissance de ses filles (Petit Carnet de paternité), de la mort de son père (Que la terre te soit légère) ou de la fin de vie de sa mère (Les Heures lentes).

Sur le web www.lapartcommune.com