Numéro 564 - mars 2017actualité

Soins sans consentement

Quatre ans de mise en œuvre de la loi du 5 juillet 2011

Magali Coldefy, Sarah Fernandes, David Lapalus

Capture d’écran 2017-04-10 à 14.11.10La législation française concernant les soins sans consentement en psychiatrie a été transformée par la loi du 5 juillet 2011.
Elle réaffirme les droits des personnes prises en charge dans ces conditions et introduit deux mesures phares : l’intervention du juge des libertés et de la détention dans le contrôle de la mesure de soins sans consentement, et la possibilité de soins ambulatoires sans consentement dans le cadre de programmes de soins. D’autre part, un nouveau mode d’admission en soins « en cas de péril imminent » est mis en place pour favoriser l’accès aux soins des personnes isolées ou désocialisées. Réalisée à partir de données médico-administratives, cette étude analyse l’évolution du recours aux soins sans consentement en psychiatrie depuis la mise en place de la loi en 2011. Ainsi, 92 000 personnes ont été prises en charge sous ce mode de recours en 2015, soit 12 000 de plus qu’en 2012. Cette hausse est expliquée par plusieurs facteurs : l’extension de la durée des soins sans consentement en dehors de l’hôpital, dans le cadre des programmes de soins, et la montée en charge des soins pour péril imminent. Utilisé pour faciliter l’admission dans un contexte d’urgence et décharger le tiers de cette difficile démarche, ce dispositif est déployé de façon disparate selon les territoires.

Source Irdes, Questions d’économie de la santé, n° 222, février 2017 – www.irdes.fr